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dimanche 29 janvier 2017

Australian flow : Par dessus le bord du monde, de Tim Winton

Romancier (y compris pour la jeunesse), nouvelliste, dramaturge, essayiste, scénariste… Tim Winton est probablement l’un des écrivains australiens les plus prolifiques de sa génération et aussi probablement le plus traduit à travers le monde ; la France n’est d’ailleurs pas en reste puisqu’une douzaine de ses ouvrages ont été publiés chez nous et on ne s’en plaindra pas. J’avais déjà tenté d’explorer la bibliographie de cet auteur il y a de cela quelques années en piochant chez les adultes (Les ombres en hiver), mais également en jeunesse (L’amour est la septième vague), me promettant d’y revenir plus sérieusement quand ma pile à lire aurait diminué de volume. Et comme les choses sont bien faites, la pile en question a fini par atteindre la strate Par dessus le bord du monde, roman publié initialement en 2001 en Australie (et traduit en 2003 chez Rivages). Alors bonne pioche ou pas ?


Direction l’Australie donc, plus précisément la région de Perth sur la côte occidentale, dans la petite ville de White Point (ne cherchez pas sur une carte, cette bourgade est purement imaginaire), peuplée essentiellement de pêcheurs de langoustes, de surfeurs et autres hobos écorchés par la vie restés pour l’ambiance de bout du monde. Vilain petit canard issue d’une famille de la bourgeoisie australienne, Georgie n’a jamais voulu suivre le destin qui semblait déjà tout tracé par son père, quittant ses études de médecine, elle devient infirmière spécialisée en oncologie, puis vagabonde sur les océans du globe avec plus ou moins de bonheur, avant de s’échouer à White Point, lessivée, sans but précis. Elle y fait la connaissance de Jim, veuf, deux enfants, pêcheur de langoustes. Cinq ans plus tard, Georgie noie son ennui dans la Vodka, passant ses nuits à errer sur le web, sans but, sans volonté autre qu’arriver au bout de la nuit, puis, enfin terrassée par la fatigue, s’endormir comme une masse. Quant à Jim, il semble résigné, emmuré dans son silence et le souvenir de sa femme morte d’un cancer quelques années plus tôt. Jusqu’au jour où Georgie fait la rencontre de Lu, alias Luther Fox, ancien musicien désormais reconverti dans le braconnage ; une activité pour le moins risquée dans un village de pêcheurs de langoustes où les patrons de bateaux sont pour le moins sourcilleux avec ce genre de pratique. Ceux qui s’aventurent dans leur pré carré, s’exposent à de sévères mesures de rétorsion. Mais Lu est habile, il connait le coin comme sa poche et de toute façon il n’a pas grand chose à perdre, l’ensemble de sa famille ayant été décimé dans un accident de voiture. Depuis Lu vit seul, dans la vieille ferme de ses parents peuplée de souvenirs et de fantômes, entouré seulement de ses livres et de vieux objets qui lui rappellent sans cesse un bonheur révolu. L’alchimie entre ces deux êtres perdus est immédiate, mais dans une petite ville où tout le monde se connaît, s’épie et se jalouse, cet amour n’a pas sa place.


Alors soyons précis et concis, ce roman est absolument magnifique, c’est une merveille de sensibilité, de retenue et de poésie. J’avais beaucoup aimé ce que j’avais jusqu’à présent lu de Tim Winton, mais cette fois la barre est placée encore plus haut. C’est remarquablement écrit et raconté, dans un style à la fois travaillé mais très simple d’accès, et, ce qui ne gâche rien à l’affaire, la traduction, que l’on doit à Nadine Gassie, me paraît exempte de tout reproche. La nature (l’océan surtout) et la musique sont dans ce roman intimement liés, et l’écriture de Tim Winton réussit parfaitement à susciter les images et les sons qui s’imposent au lecteur avec une acuité peu commune. La brutalité des éléments, leur beauté aussi, se mêle aux tonalités de la musique évoquée tout au long du roman, aux sons d’une nature sauvage et implacable, conférant au roman une atmosphère d’immensité et de plénitude. Il y a un petit côté road movie dans ce roman, qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère d’un Paris Texas. Mais c’est cette fois l’Australie qui s’offre à nous, dans toute sa splendeur et sa démesure. Par dessus le bord du monde respire les embruns de l’océan et la poussière rouge venue de l’outback,  la rudesse de la nature n’a d’ailleurs d’égal que la beauté époustouflante des paysages qu’elle nous offre dans ce décor de bout du monde.

samedi 21 janvier 2017

Qui de nous peut juger, de Mario Benedetti

Romancier, poète, essayiste et même dramaturge célébré à travers toute l’Amérique du Sud, l’écrivain uruguayen Mario Benedetti fut l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages traduits partout à travers le monde…. sauf en France où l’auteur n’a jamais bénéficié de la stature et du succès qu’il aurait pourtant largement mérités. Deux romans, La trève (chef d’oeuvre absolu) et L’étincelle, une poignée de nouvelles, c’est à peu près tout ce que l’on peut se mettre sous la dent en langue française, et encore à condition de chercher patiemment les ouvrages en question sur le marché du livre d’occasion ;  avouez que c’est un peu léger. Donc, après des années de disette (et d’oubli, soyons honnêtes), les éditions Autrement sortent de leur besace le manuscrit de Qui de nous peut juger (Quien de nosotros, 1953), premier roman de l’auteur, et se décident à en proposer une traduction française… il était temps. Difficile de connaître les projets de l’éditeur pour la suite, mais l’on imagine que d’autres traductions pourraient venir si ce roman inédit en français rencontre son public.

    Autant prévenir ceux qui seraient tentés de voir en Mario Benedetti un énième représentant du réalisme magique, l’auteur uruguayen n’appartient en rien à cette mouvance, mais s’inscrit dans une littérature empreinte d’un réalisme bien plus ordinaire, celle du quotidien, de la classe moyenne naissante et des gens simples. Benedetti n’est pas un créateur d’univers à la manière d’un Juan Carlos Onetti, son compatriote, qui cherchait constamment à s’évader du réel par le rêve (selon la biographie que lui a consacrée Mario Vargas Llosa). Tout ceci n’enlève évidemment absolument rien des qualités qui étaient les siennes, en particulier cette sensibilité à fleur de peau, cette introspection permanente qui traverse ses personnages et qui confère à ses romans cette douce amertume et cette profondeur qui caractérisent son oeuvre.

    Qui de nous peut juger met en scène trois personnages, dans ce que l’on imagine être un triangle amoureux. Ce point de départ conditionne la structure narrative du roman, qui alterne successivement les trois points de vue. Alicia et Miguel se sont rencontrés au lycée et de leur amitié émerge progressivement un amour solide et puissant, que rien ne semble pouvoir troubler. Jusqu’à l’arrivée du taiseux mais charismatique Lucas. Bien que largement plus extraverti, Miguel apprécie le calme et la sérénité de son nouvel ami, même son côté ombrageux, mais Alicia accepte mal leur amitié, se querellant sans cesse avec Lucas alors que Miguel déploie d’immenses efforts pour assurer leur entente. Onze ans plus tard, le couple Alicia-Miguel est sur le point d’imploser, comme si les erreurs commises durant leur jeunesse (les non-dits, les faux-semblants, les ellipses… voire les mensonges) avaient vicié dès le départ leur relation. La belle Alicia s’apprête donc à rejoindre un Lucas passablement surpris par ce brusque revirement, sous l’oeil à la fois complaisant et meurtri de son mari. Les trois récits empruntent une forme différente (journal intime pour Miguel, lettre pour Alicia et récit romancé pour Lucas) mais se répondent, se complètent et offrent au final une vision entière de cette relation triangulaire, éclairant les zones d’ombre, relevant les contrastes et mettant en lumière la nature même d’une relation marquée par l’illusion, les erreurs de jugement et le manque de communication. Il serait délicat à ce stade d’en révéler davantage, sous peine d’éventer ce qui fait l’originalité même de cet émouvant roman, qui revisite et réinterprète avec brio le thème du trio amoureux.

mercredi 18 janvier 2017

Space opera philosophique : Latium, de Romain Lucazeau

Le moins que le l’on puisse dire, c’est que dans l’art du teasing, Gilles Dumay est passé maître. Un an avant la parution de Latium, le directeur de la collection Lunes d’encre avait déjà fortement alléché le fandom en convoquant Iain M. Banks et Dan Simmons autour du berceau du nouveau prodige de la SF française, un certain Romain Lucazeau, jeune auteur sorti tout droit de normale sup et agrégé de philosophie. Evidemment, votre serviteur avait déjà réservé un ticket et se jeta sans réserve sur l’objet convoité lors de la parution des deux tomes de Latium au mois de novembre (un peu plus de 40€ tout de même pour cet ouvrage scindé en deux volumineux tomes). Ce qui n’est pas le moindre des exploits étant donné que sur ce blog la science-fiction était largement passée à la portion congrue ces dernières années. Reste qu’un teasing, aussi habile soit-il, est avant toute chose une technique de marketing et malgré tout le respect que l’on doit à l’excellent travail de Gilles Dumay à la tête de Lunes d’encre, on n’est jamais à l’abri d’une déception (ouais ouais, genre S.P. Somtow). Oui mais alors, s’impatiente le lecteur, c’est vachement bien Latium ou bien n’est-ce qu’un pavé abscons et indigeste survendu par un Gilles Dumay en mal de locomotive éditoriale ?
Tuons dans l’oeuf ce faux suspense entretenu par une suspicion de mauvais alois, depuis sa création la collection Lunes d’encre est probablement ce qui se fait de mieux à ce jour en grand format, surtout depuis qu’Ailleurs & Demain végète suite au départ de Gérard “Dieu” Klein ; et donc oui, Latium c’est très très bien. C’est même probablement l’un des meilleurs romans publiés dans la collection depuis cinq bonnes années (oui, cette affirmation est purement gratuite) et je m’en vais vous raconter pourquoi.


    L’un des grands points forts du roman de Romain Lucazeau c’est tout d’abord d’avoir su concilier la SF un poil intello de tradition française avec la démesure et le vertige que nous réservait jusqu’à présent la SF anglo-saxonne. Alors certes, Lucazeau n’est pas le premier à avoir réussi cette synthèse, on pense en particulier aux Galaxiales de Michel Demuth, mais il faut bien avouer que l’ambition de son projet reste sans commune mesure avec ce que l’on a pu lire dans la SF française jusqu’à présent. Cela n’enlève absolument rien à des  Laurent Genefort, Serge Lehman ou bien encore Pierre Bordage, qui avaient aussi su trouver leur voie sur cette route étroite du space opera, un genre qui reste encore aujourd’hui l’apanage des auteurs anglo-saxons. Il ne me revient évidemment ni le droit ni le talent d’analyser les raisons de cet étrange phénomène, sans doute essentiellement culturel, mais Latium prouve bien qu’il ne s’agit en rien d’une fatalité et que le talent et l’ambition littéraire permettent de faire aussi bien, sinon mieux, que les copains d’en face. Alors pour une fois, la comparaison évoquée en quatrième de couverture avec les grandes figures du space opera anglo saxon (ici Iain M. Banks et Dan Simmons), et qui en général suscite davantage l’amusement qu’autre chose, n’est en rien usurpée. Ceci dit, deux autres références mentionnées dans cette quatrième de couverture ont intrigué les premiers lecteurs potentiels, voire en ont effrayés certains, puisque Romain Lucazeau revendique clairement l’influence du théâtre classique (Corneille, Racine et par la même occasion les dramaturges grecs) ainsi que, excusez du peu, celle de la philosophie de Leibniz (sans compter les nombreuses références au pythagorisme et à l’aristotélisme). De quoi donner la migraine à ceux qui redoutaient déjà les cours de philo en terminale. Etant moi-même plus ou moins en délicatesse avec les philosophes d’obédience teutonne, je vous avoue que j’ai ouvert l’ouvrage avec une pointe d’appréhension, parce que bon, relire dix fois la même phrase pour en déchiffrer le sens ça va bien cinq minutes (oui oui, je trolle si je veux). Mais venons-en au fait, de quoi ça cause Latium ?


Quatre mille ans après la disparition de l’humanité (l’Hécatombe), ce qui reste de la civilisation humaine ne subsiste que grâce à des intelligences artificielles supérieures, transformées en immenses nefs stellaires, qui attendent en vain le retour de leurs créateurs en contemplant une éternité devenue désormais vide de sens. Ces vestiges de l’imperium, dont le coeur est nommé l’Urbs, sont délimités par le Limes, une frontière à la fois zone tampon et no man’s land qui protège l’ancienne sphère humaine des invasions barbares venues du fin fond de la galaxie. Mais à force d’attente, ces IA, régies par un principe proche des trois lois de la robotique dénommé “carcan” (une limitation qui leur interdit de porter atteinte aux êtres humains et par extension aux êtres vivants dotés d’un minimum d’intelligence), ont développé des névroses obsessionnelles, cherchant inlassablement à ressusciter l’espèce humaine. Parmi ces princes et ces princesses de l’Urbs, Othon et Plautine, autrefois alliés et désormais plus ou moins bannis à la suite d’un complot avorté, errent aux confins de l’espace, en marge du pouvoir central, surveillant la progressions des barbares extraterrestres et oeuvrant à des projets personnels censés leur permettre de lutter contre l’ennemi. Car le limes ne résistera sans doute plus très longtemps aux assauts répétés des barbares, leur niveau technologique leur permettant désormais de se déplacer de plus en plus vite et de plus en plus loin, menaçant sans cesse de transpercer les lignes de défense. Après un sommeil prolongé de plusieurs siècles, Plautine est réveillée par ses noèmes (des IA de second rang) inquiets à la suite de la réception de signaux à proximité du limes. Consciente du danger, elle demande l’aide d’Othon, désormais exilé sur une planète mineure d’où il mène des expériences génétiques pour créer une race d’hommes-chiens, capables de l’assister dans la lutte contre les barbares. Mais avant qu’il puisse rejoindre Plautine, cette dernière est taillée en pièce par trois vaisseaux ennemis, ne survit qu’un modeste avatar expérimental, qui rejoint Othon en catastrophe.


Très concrètement inspiré de la pièce de théâtre Othon de Corneille (si l’on en croit Wikipedia, puisque très honnêtement je ne l’ai jamais lue), Latium est cependant bien davantage qu’une transposition dans un univers futuriste, car au-delà de la trame générale et des noms des personnages, le roman de Romain Lucazeau est moins une critique du pouvoir qu’une réflexion sur la notion d’intelligence (et d’humanité par la même occasion). Autrement dit, qu’est-ce qui constitue l’essence même de l’humanité, est-ce notre intelligence, nos sentiments, notre culture, notre organisation sociale ou bien encore notre libre-arbitre…. et par extension, cette spécificité est-elle transmissible ou reproductible par une autre espèce, que ce soient les IA ou bien la race des hommes-chiens créée de toute pièce par Othon. Les réflexions philosophiques qui sous-tendent donc cette habile construction littéraire, auraient pu êtres absconses, voire franchement ennuyeuse si elles avaient été empreintes d’un didactisme trop poussé, mais c’est tout de contraire que nous offre Romain Lucazeau ; son roman est fluide et agréable à lire, en plus d’être d’une rare subtilité. Et ce qui ne gâche rien à l’affaire, sans se prendre au sérieux, l’auteur semble s’amuser comme un petit fou à développer ses intrigues de palais à la manière du théâtre classique ; ça tombe bien, nous aussi on adore. Dernier point, et pas des moindres, lisez les notes de bas de page, elles paraissent alourdir inutilement le texte, mais elles sont indispensables pour comprendre des éléments essentiels de l’histoire, en particulier le contexte historique.

mardi 3 janvier 2017

Psychiatrie loufoque : Les remèdes du Dr Irabu, de Hideo Okuda

Ceux qui ont lu mon papier concernant Lala Pipo savent désormais que Hideo Okuda n’est pas exactement un auteur conventionnel, mais dans son pays l’écrivain japonais est tout simplement une star. Ses romans se sont vendus à plusieurs millions d’exemplaires et ont donné lieu à des adaptations pour le grand et le petit écran. A l’origine de cet étonnant succès, on retrouve la trilogie du Dr Irabu, florilège de nouvelles mettant en scène deux personnages récurrents, le Dr Irabu, psychiatre de son état, et son assistante, une infirmière aussi sexy que mal embouchée.

Charlatan ou génie incompris, le Dr Irabu, héritier du fondateur de la clinique éponyme, est un homme jovial, obèse, affublé d’un complexe d’Oedipe carabiné et fétichiste de la seringue. Chacune de ses consultations débute par une injection, administrée par la très peu accorte Mayumi, une infirmières aux mensurations diaboliques légèrement exhibitionniste (et sans doute un peu sadique). Ce rituel a le don de mettre en joie notre bon docteur, qui semble hériter de patients affublés de troubles plus ou moins sévères. A un homme atteint d’importants troubles gastriques, le Dr Irabu prescrit rien moins que des séances de piscine, aussi régulières qu’intensives, à un jeune salaryman atteint de priapisme, il assène d’entrée un sérieux coup de genou dans l’entrejambe avant de constater que le traitement est hélas sans effet, il faudra changer de méthode. Au cours des nouvelles suivantes, le lecteur aura l’occasion de découvrir un adolescent accro des SMS dont la vie est régulée par les alertes de son smartphone, une jeune femme narcissique persuadée d’être harcelée par des inconnus et enfin un gros fumeur obsédé par la peur d’incendier son appartement avec un mégot de cigarette. Pour chaque cas, le traitement est évidemment personnalisé et le docteur n’hésite pas à donner de sa personne, s’investissant corps et âme dans la thérapie (accompagner un patient à la piscine, acheter une dizaine de smartphones dernier cri pour communiquer avec le second ou bien encore participer au concours Nouvelle star).

On l’aura compris, Hideo Okuda use et abuse du comique de répétition et manie à l’envi la fantaisie et le burlesque, sans compter que ses méthodes ont de quoi laisser perplexe. Mais au-delà de l’apparence loufoque des situations, ses récits sont souvent empreints d’une certaine gravité. Sous une apparence cocasse, ce sont de véritables troubles qui sont évoqués avec plus ou moins de sérieux ; et à travers le prisme de l’individu, c’est toute la société japonaise qui est épinglée, ses pulsions, ses névroses ou ses obsessions : culture de la performance, superficialité des relations, culte de l’apparence….  

Il est certain que les procédés narratifs employés par l’auteur ne susciteront pas l’enthousiasme de tous les lecteurs, on peut en effet être lassé par le comique de répétition ou ne pas adhérer au côté burlesque des situations. Il n’en demeure pas moins que le roman de Hideo Okuda est bien plus intelligent que ne le laisserait supposer une lecture un peu hâtive. On sourit, on rit parfois, mais l’on est également touché par ces personnages en détresse ou en souffrance, écorchés par une société souvent impitoyable avec ceux qui s’écartent de la norme ou ne résistent pas à la pression des convenances sociales. Bref, un mal que l’on pourrait nommer stress contemporain et qui n’a, hélas, pas de frontière.